- Historique de l’assainissement de la plaine

La Mayral est un ruisseau qui prend sa source aux oeillals de Montlaurès. Jusqu’au 16° siècle il s’écoulait dans les marécages que formait encore en ce temps-là, la plaine de Livière, propriété des Vicomtes de Narbonne. Le domaine de Montlaurès appartenant à l’abbaye de Fontfroide.

En 1599, Mathurin Valtère et Jean Courand, de Narbonne, proposèrent d’écouler ce marécage pour le rendre propre à la culture. Ils n’y parvinrent pas, mais en devinrent les propriétaires, suivant un acte d’inféodation du 14 novembre 1604.

Monsieur l’abbé d’Authemar, abbé de Fontfroide, hérita de cette plaine suivant l’acte d’inféodation du 7 février 1630. Cet abbé réalisa tous les travaux d’écoulement, mais pour cela, il dut réglementer le cours de la source des oeillals, afin qu’elle se déverse dans l’Aude en aval du bief du Gua. Il créa donc la grande Mayral. L’ensemble des gros travaux fut terminé en 10 ans, soit en 1638.

- Evolution des cultures dans la plaine

L’abbé d’Authemar avait compris la richesse de cette plaine. C’est le créateur de l’écoulement de la plaine de Livière.  Mais rapidement, la réussite de l’écoulement avait été telle que les propriétaires exploitants de cette époque-là ont dû penser irrigation. Lors de la cession de la Robine aux états du Languedoc, en 1774, il existait déjà une demi-douzaine de prise d’eau sur la Robine.

Les terres rendues ainsi cultivables, servirent de pâturages, permirent la culture des céréales et surtout le maraîchage aux pieds des remparts de la ville.

Jusqu’au 19ème siècle, chaque province vivait en autarcie, chacune produisant les cultures dont elle ressentait la nécessité. La province du Languedoc peut produire, de par son climat privilégié toutes cultures.

Durant le 19ème siècle, avec la révolution industrielle et la création du chemin de fer, les échanges entre les provinces sont devenus fort nombreux et correspondent avec l’époque où la consommation de vin dans les usines est devenue petit à petit très importante. Le Languedoc était une des provinces qui pouvait produire ce vin.

Devant cette demande importante, la vigne est descendue progressivement des coteaux, qui  sont ses territoires originaux, pour prospérer dans la plaine et répondre ainsi à la demande commerciale.

De 1878 à 1882, un insecte importé d’Amérique, le phylloxéra colonise et détruit le vignoble français et languedocien. 

Le meilleur moyen  de lutte d’alors était la submersion effectuée durant  40 jours sur les terres plantées avec des plants français qui se développent bien sur ce tènement.

- La mutation

Devant les rivalités de personnes et les procès engendrés à cause des nombreuses manipulations des ouvrages pour l’irrigation, la submersion ou bien l’écoulement ; une organisation nouvelle se devait d’exister pour sauvegarder l’équilibre économique et social de la plaine. La réponse se trouvant dans la création d’une association. Ainsi née l’A.S.A. de la plaine de Livière en l’année 1895.

L’A.S.A. prend, immédiatement, en main les 3 vannes commandant l’écoulement de la plaine, en effet la fermeture de ces vannes permettait d’effectuer les submersions nécessaires.

La prospérité de la plaine était en marche…

L’année 1940 sera catastrophique pour l’A.S.A. La rupture du barrage de Moussoulens inondera la plaine sous 1.50 mètre d’eau et de limon. Pendant une période difficile pour le pays, l’A.S.A. réussira à sauver la plaine, et à remettre en fonctionnement tous les écoulements, au prix d’un effort considérable ; les curages s’effectuant à la main.

L’année 1975 sonnera le déclin inéluctable de la vigne dans la plaine. La crise que subit le monde viticole est alors sans pareil dans l’histoire. Les arrachages de vignes sont massifs.  La promotion des nouveaux cépages et l’espoir qu’ils représentent  rendent le principe de la submersion des terres avec ses contraintes obsolètes.

- L’évolution

La constitution, dans les années 1950, d’un pôle industriel, dans la zone nord de l’A.S.A, a modifié, à la longue, le caractère de la plaine. Suite à de fortes intempéries qui ont maintenu la plaine sous l’eau durant plusieurs semaines. L’ASA a souhaité revoir son schéma hydraulique.  La présence d’une zone industrielle sur le périmètre du syndicat, connaissant  des problèmes récurrents de qualité de l’eau, a permis à l’A.S.A., en 1992, de constituer un syndicat mixte avec la ville de Narbonne et les industriels concernés : le syndicat mixte du bassin versant de la Mayral.  L’ouvrage de ce syndicat mixte est la création de  grands bassins, 60 ha au total, ayant deux fonctions primordiales, qui servent :

- la première de bassin d’orage qui  protège de la montée subite des eaux sur les terres agricole ainsi que la submersion  de certains quartiers de la ville de Narbonne,

- la deuxième de bassin de décantation. Celui-ci est recouvert d’une épaisse roselière naturelle de phragmites de façon à épurer l’eau de ses limons mais aussi des éléments minéraux naturels ou chimiques tels que les nitrates issus de l’agriculture ou de l’industrie.

A la suite des inondations catastrophiques de 1999, le département de l’Aude a décidé de gérer le problème des crues du fleuve Aude. Pour cela un syndicat mixte fut créé, mais en corollaire la suppression du syndicat mixte du bassin versant de la Mayral devenait obligatoire. Cela interviendra en fin d’année 2005. L’A.S.A. reprenant son organisation et ses prérogatives originales.

- Aujourd’hui

Alors qu’à son début, l’assainissement de la plaine permettait de nourrir les animaux de trait, et fournir l’énergie, actuellement nous voyons la plaine produire les nouveaux biocarburants, énergie de demain. Ainsi va la vie d’une association.

Depuis le 1er janvier 2006, la gestion administrative de l’A.S.A est confiée à la secrétaire comptable de l’ASA du Raonel, sous forme de prestation de service. Cela permet de réduire les coûts pour les deux associations. Un exemple à suivre…

Une convention SMDA – A.S.A.  se met en place pour la surveillance par l’A.S.A. des ouvrages et des bassins.

L’A.S.A. de Livière est pionnière dans la création de l’Union des Associations Syndicales Hydraulique de l’Est Audois et celle-ci est créée en 2011. Aujourd’hui l’A.S.A. s’inscrit pleinement dans la démarche de Contrat de canal de la Robine et donc les économies d’eau. Elle souhaite réaliser différents projets de rénovation et de modernisation de réseaux.

Pièces jointes


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